Propriétaires bailleurs et rénovation énergétique à Paris
Présentation
Les bâtiments contribuent grandement aux déperditions énergétiques, à la production de gaz à effet de serre et à l’effet d’îlot de chaleur urbain ayant pour conséquence des risques croissants pour la santé des citadins. Or une grande part de ce bâti est constituée d’habitations. Une importante législation thermique, des labels et des aides tant en construction qu’en rénovation ont pu contribuer en trente ans à réduire par exemple leur production de gaz à effet de serre de près d’un quart, cependant la consommation énergétique des immeubles d’habitation ne dépend pas seulement de caractéristiques du bâti, même amélioré. Il est nécessaire de prendre en compte des pratiques et représentations qui elles-mêmes dépendent des caractéristiques des populations. Parmi ces pratiques et les représentations qui y sont attachées, nous semblent particulièrement intéressantes : les habitudes de consommation énergétique et les travaux de rénovation.
L’APUR a établi en 2023 une cartographie des consommations énergétiques à Paris, et démontré une forte corrélation entre niveau de revenu et consommation énergétique des ménages dans la capitale. Les ménages les plus aisés contribuent donc plus à la production de gaz à effet de serre. Analyser et comprendre leurs pratiques est un levier fondamental pour atteindre rapidement une sobriété énergétique.
La rénovation énergétique des logements en parc privé est un enjeu de taille. Actuellement, plus de la moitié du parc parisien de résidences principales ont un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé E, F ou G. Cela contraste avec la situation régionale (45 %) ou nationale (41 %) selon une étude de l’INSEE et de l’APUR. Or une grande part de ces logements sont loués (vides ou meublés). L’étude estime ainsi que près de 445 000 locataires parisiens sont concernés par ces mauvaises performances énergétiques, plus spécifiquement dans certains quartiers, aggravant les inégalités environnementales.
Pour contribuer à réduire l’empreinte énergétique dans le cadre des objectifs du Plan Climat de la Ville de Paris visant une transition plus juste, il semble important d’analyser et comprendre, d’une part les habitudes de consommation énergétique des ménages les plus aisés et, d’autre part, l’attitude des propriétaires notamment bailleurs, majoritairement membres des classes aisées, vis-à-vis de la rénovation énergétique. Ce travail s’inscrit dans une démarche au long terme de recherche-action sur les classes aisées et la transition écologique, menée par le Centre des Politiques de la Terre en lien avec la Ville de Paris.
Cette étude y contribue en visant à établir des profils-types de propriétaires bailleurs parisiens pour identifier leurs préoccupations, les freins à s’engager dans des démarches de rénovation et de sobriété énergétique, leur perception de l’offre existante de la Ville et les leviers de mobilisation possibles.
Equipes de recherche
Lab'Urba
Centre des Politiques de la Terre (Université Paris Cité)
Contact
Anne-Lise Humain-Lamoure : anne-lise.humain-lamoure@u-pec.fr