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Cycle de séminaire « Héritages toxiques, inégalités environnementales, action collective » co-organisé par Maylis Desrousseaux et Léa Prost-Lançon

Lancement du cycle de séminaires « Héritages toxiques, inégalités environnementales, action collective », qui se déroulera au Campus Condorcet d'Aubervilliers (93300), station de métro Front Populaire (ligne 12). Ce cycle propose d’explorer les liens entre pollutions industrielles héritées, rapports sociaux et formes d’engagement collectif. Vous trouverez ci-dessous la présentation générale du cycle, celle des deux premières séances, ainsi que le calendrier des rencontres à venir.

Chaque séance commencera par un accueil café d'une demi-heure.

Séance du 21 janvier 2026 -
Injustices et inégalités environnementales 
De 9h-12h30 en salle 0333 (bâtiment recherche Sud)

Séance du 18 février 2026 -
Pollutions invisibles et héritages toxiques : quand le dévoilement survient
De 9h-12h30 en salle 0010 (bâtiment recherche Nord)

Intervention de Maylis Desrousseaux « La difficile appréhension juridique des pollutions diffuses, l’exemple des calanques industrielles de Marseille »

Prochaines séances :

18 mars 2026, 9h-12h30, salle 0010 (bât Recherche Nord)
15 avril 2026, 9h-12h30, salle 0010 (bât Recherche Nord)
20 mai 2026, 9h-12h30, salle 0333 (bât Recherche Sud)
17 juin 2026, 9h-12h30, salle 0010 (bât Recherche Nord)

Présentation du cycle de séminaires : 

Reprenant le constat d’une accélération de l’industrialisation du monde et de ses effets environnementaux, sociaux et sanitaires, ce cycle de séminaires propose une réflexion interdisciplinaire sur les dégâts générés par les pollutions passées sur les inégalités environnementales et les formes d’(in)action collective qui en découlent.

Les « héritages toxiques » désignent les effets néfastes durables des pollutions industrielles, des déchets chimiques, des pratiques extractives ou agricoles intensives, qui perdurent bien après leur abandon, leur requalification ou leur potentielle remédiation. Ces pollutions s’inscrivent dans le temps long, peuvent affecter plusieurs générations de populations et contribuent à la fabrique de profondes inégalités d’accès aux ressources environnementales et à leur gestion, que ces ressources concernent l’habitat ou la subsistance.

Bien que largement documentées, ces pollutions posent encore des problèmes d'objectivation quant à leur ampleur et à leurs effets. Elles mettent en tension différentes étiologies ainsi que les notions qui permettraient d'identifier socialement et juridiquement des responsables de ces contaminations.

Le séminaire portera une attention particulière aux modalités de production de cette toxicité au long cours et à ses effets sur les différentes formes de domination. Les séances aborderont aussi ces enjeux par les actions collectives qui les accompagnent, qu'elles bénéficient d'une visibilité ou qu'elles se déroulent à bas bruit et à leur caractère protéiforme : mobilisations citoyennes, alliances entre riverain-es et scientifiques, recours juridiques, initiatives de réparation ou de réappropriation des espaces contaminés.

Les interventions s'intéresseront à la manière dont ces résistances s'articulent à d'autres formes de luttes politiques comme le féminisme, l'antiracisme ou l'anticapitalisme. Enfin, cette série d'interventions permettra de réfléchir aux circonstances dans lesquelles ces enjeux ne font pas problème, par manque de capacité d'objectivation, par l'effet de rapports sociaux défavorables à la construction de la cause ou par le déploiement de stratégies de fabrique de l'ignorance.

Ancrées dans les sciences humaines et sociales et en dialogue avec d'autres disciplines, les séances du séminaire prendront soin de faire dialoguer les travaux académiques avec les acteur·rices de terrain, professionne·les, responsables, militant·es, qui font et incarnent les dynamiques prises pour objet. Ces séances seront aussi l'occasion d'une réflexion critique sur le rapport de la recherche scientifique aux terrains d'enquête ouverts par la crise environnementale et sur les formes de prédation scientifique que cette situation peut créer.

Organisation :

Ce cycle de séminaires est organisé par un collectif de chercheur·es :
Henri Boullier (Irisso), Mary Capon (Iris), Benoît Carini-Belloni (Cermes3), Maylis Desrousseaux (Lab’URBA), Karima Guenfoud (Iris), Emmanuel Henry (Irisso), Benjamin Lysaniuk (Prodig), Anne Marchand (Iris), Laure Pitti (Iris), Léa Prost Lançon (Lab’URBA), Valentin Thomas (Cermes3).